La grande cornemuse

    La grande cornemuse écossaise, ou pìob-mhòr en gaélique écossais (grande cornemuse), ou great Highland bagpipe en anglais (grande cornemuse des Highlands), est un instrument à vent provenant d'Écosse, répandu à travers l'ancien empire britannique.

    C'est une cornemuse comportant trois bourdons (un basse et deux ténors) à anche simple en roseau, anche bourdon roseau

où synthétique Anches synthtiques de bourdonet un chanter muni d'une anche double.Anche bagpipe chanterIl existe un grand nombre de facteurs d'anches pour cet instrument.

    En 1895, le Great Highland bagpipe fut importé d'Écosse en Bretagne par Charles Le Goffic à Belle-Isle-en-Terre (près de Guimgamp) et devint le biniou braz (en breton, litt. : « grande cornemuse », pib veur pour son expression adaptée du gaélique pìob mhòr.

    Cette cornemuse est encore utilisée dans les pays celtiques et les anciennes colonies britanniques.

    En Bretagne, elle est utilisée par les bagadoù, son répertoire est alors composé de musique de marche, d'airs à danser ou de mélodies ; elle apparaît aussi lors des festoù-noz, il s'agit de musique à danser.

    Dans les Îles Britanniques, on la trouve dans les zones celtiques : en Irlande, en Écosse et au Pays de Galles. Au Nouveau-Monde, elle est présente au Canada et aux États-Unis dans les pipe bands et dans les zones de forte émigration écossaise ou irlandaise. En Inde et au Pakistan, elle est utilisée dans les brass-bands jouant pour les mariages.

Epizode du débarquement de Normandie

    L'usage de la cornemuse pour les cérémonies militaires dans les régiments écossais reste d'actualité, mais son usage en plein combat semblait relever d'un passé révolu, lorsqu'en 1944, lors du débarquement de Normandie, Lord Lovat demanda à son sonneur de cornemuse, le soldat Bill Millin de jouer pour encourager les soldats alors que les balles et la mitraille allemande pleuvaient lors du débarquement sur la plage d'Hermanville.

    Miraculeusement, le musicien survécut. Il semblerait qu'un mitrailleur allemand se soit abstenu de tirer, le prenant pour un fou. Un autre fou, Jack Churchill, usa aussi de sa cornemuse pour galvaniser ses hommes lors du conflit.

highland bagpipe

La cornemuse en général

 

    Souvent, la question que nous pose le public, en dehors de : "lequel est le biniou, lequel est la bombarde?" c'est : "quel est la différence entre la cornemuse et le biniou ?"La réponse est simple : c'est la langue! La cornemuse est le mot francais qui permet de désigner l'instrument que les Bretons appellent biniou, les Anglais bagpipe, les Allemands dudelsack....L'instrument est composé comme suit :

  • Le portevent : il permet de remplir la poche et est muni d'un clapet anti-retour
  • Le chalumeau : il est muni d'une anche et permet de jouer la ligne mélodique.
  • Le ou les bourdons ; composés d'un ou plusieurs tuyaux emboîtés les uns dans les autres.
FRANCAIS BRETON ANGLAIS ALLEMAND MARAICHIN GALICIEN CASTILLAN
Cornemuse Biniou Bagpipe Dudelsack Veuze - Biniou gaita (de fol) cornamusa
Poche - Sac - Outre Sac'h Bag Sack Bousine - Bouffie fol Fuelle
Portevent - Embout Sutell Blowpipe Mundstück Bufette soprete Soplete
Chalumeau - pied Levriad Chanter Melodiepfeife Chaléméaw - Goume punteiro Puntero
Bourdon Korn-boud Drone Stimmer - Brummer Veuzon roncõn roncõn

 

Anchenn Reed Zünge Subiett palleta Langüeta

 

 

Le biniou kozh

    Le biniou kozh « petit biniou », est une cornemuse utilisée en Basse Bretagne, et accompagnant traditionnellement la bombarde.

    Cette cornemuse connaît un regain d'intérêt depuis des années 1960. Structurellement, le biniou se compose d'un réservoir de cuir (sac'h) alimenté par un petit tuyau (sutell) permettant au préalable de le gonfler.

   Le sac, placé sous l'aisselle gauche du sonneur, laisse échapper, sous la pression du bras contre les côtes, l'air qu'il contient par deux autres tuyaux :

  • d'une part le chalumeau (levriad) à anche double, percé de six trous offrant la possibilité de jouer une octave de notes selon un doigté voisin de celui de la bombarde,
  • et d'autre part, le bourdon à anche simple, qui fait entendre un son grave, continu et invariable correspondant à ce que l'on appelle une pédale de tonique en harmonique.

. Ces pièces s'insèrent dans la poche par des souches liées à la poche par des ligatures et bloquées à l'aide de "filassages".